Lutte et vie

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« Sur la branche la plus élevée de l'if Ygdrasil, se tient un aigle, et entre les yeux de cet aigle siège le faucon Vedfolnir. Ainsi deux oiseaux de proie regardent le monde, nuit et jour, prêts à fondre sur ce qui transgresse l'ordre naturel des choses.

Sans cesse, un écureuil, Ratatosk, court du haut en bas de l'arbre. Tantôt il grimpe dans les branches les plus élevées, tantôt il se glisse sous les racines les plus profondes. D'une belle couleur d'ambre roux, agile et malin, il cherche sans cesse à provoquer un combat entre l'aigle et les serpents.

De leur affrontements naît la lutte indispensable à toute vie. Le monde est guerre. La paix, c'est la mort. Alors, jusqu'à la fin des temps, excités par Ratatosk, vont se déchirer l'aigle et le serpent, le rapace du ciel et le reptile de la terre, celui qui plane et celui qui rampe, l'oiseau de lumière et la bête des ténèbres. Ainsi s'opposent la force et la ruse, en une lutte éternelle, qui ne connaîtra ni vainqueur ni vaincu car le triomphe et la défaite sont également mensongers et seul compte le combat, indissoluble enlacement de la mort et de la vie, du bien et du mal, de la joie et de la peine.


A l'ombre d'Ygdrasil, l'aigle et le serpent proclament à jamais cette vérité primordiale du Nord : ce qui vit, c'est ce qui lutte. »


Jean Mabire, "Les Dieux maudits", récits de mythologie nordique, 1978.



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