Les signes astrologiques et le cycle de l'année

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« La succession des signes : tableau d'un drame dans la relation Soleil - Terre

Tout ce que nous avons acquis jusqu'à présent va nous servir à reproduire en images le cycle de l'année.

Dans sa course printanière, le Soleil, suivant sa nature lumineuse, prend son essor depuis les profondeurs. Lorsqu'après le solstice il retourne vers les profondeurs, il devient un crabe et, s'arrachant à l'immensité de son milieu, disparaît à reculons dans une cavité étroite.

Et pourtant, sa puissance non encore domptée, il devient ensuite un lion : de toute la véhémence de son énergie lumineuse, de toute son ardeur, il pénètre profondément le corps vivant de la terre. Alors, la nature terrestre devient une jeune femme qui conçoit en son sein le Soleil-enfant. Son impétuosité sauvage s'apaise. La jeune fille purifie complètement l'atmosphère et la rend transparente, bien que souvent elle tente de jeter sur toutes choses ses fins voiles de brume. Le Soleil descend alors à son allure la plus rapide et, après l'équinoxe, le plateau de la balance cosmique sur lequel il repose maintenant plonge dans les profondeurs. Mais déjà la balance s'efforce de rétablir l'équilibre : le mouvement est à nouveau contenu et se ralentit graduellement.

Dans ce contexte, et bien que demeure l'espoir d'une lumière et d'une vie nouvelles, un événement effroyable doit d'abord se produire. L'être solaire naguère si lumineux est de plus en plus enchaîné à la terre et privé de toutes ses forces de germination. Le Soleil n'en demeure pas moins notre porte-lumière qui, à grand-peine, peut encore faire pousser une petite plante ; mais à la vue de son affaiblissement, nous ressentons combien sont puissantes les forces de mort qui l'enserrent. Tel un scorpion, il continue à ramper vers les profondeurs où il tombe sous l'emprise de la mort. Comparé à ce qu'il était, il est devenu un être desséché et malingre, effrayant comme le scorpion parmi les autres animaux du zodiaque.

Aussi loin qu'il soit descendu à présent, il continue de sombrer dans la vallée des ténèbres. Cependant, une violente tension s'exerce visiblement, en cette occurrence, qui contrarie ce mouvement. Le Soleil continue à plonger, bien que d'un mouvement très ralenti. La tension ne cesse de grandir, sa résistance à l'enchaînement au monde souterrain augmente. C'est comme un centaure qui se présente maintenant, être supérieur enchaîné à un être inférieur ressentant pleinement cette tension tragique et s'opposant violemment à l'enchaînement.

Lorsqu'il est arrivé là où le menace l'ultime chute dans l'abîme insondable des profondeurs cosmiques, son ascension reprend à nouveau. Il est alors un capricorne qui, de tout son être, lutte contre les forces terrestres qui l'attirent vers le bas. Dans un conflit des plus véhéments avec son milieu, il renoue avec celui-ci, il renoue avec son essence véritable et tend avec une force indomptable vers son vrai domaine dans les hauteurs.

Le zodiaque ne parle bientôt plus de tension ni de lutte. Le "verse eau", noble figure portant une jarre dont l'eau se répand, nous suggère un repos serein. Parmi les êtres terrestres, l'homme est le seul capable de tirer des situations l
es plus tragiques les forces les plus élevées. Le Soleil, au plus profond de l'hiver, possède une particularité propre à l'homme : au milieu des ténèbres et du froid, il commence à tirer de la terre une vie nouvelle, tout comme l'homme sait tirer, de la plus profonde des souffrances la plus haute bénédiction.

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Avec une force croissante, le Soleil éveille les forces de vie. Certes, il est encore fortement lié aux ténèbres profondes, mais chaque jour il s'élève plus haut et se montre plus longtemps dans le domaine de la lumière. Et c'est justement à cette époque que son ascension s'accélère le plus. Le Soleil semble prendre son élan pour tracer en été son puissant arc de lumière au-dessus du royaume des ténèbres.

Il se transforme maintenant en poissons qui vivent normalement sous la surface de l'eau, mais dont les bonds parcourent sans cesse l'air de courbes scintillantes. Et tout comme les poissons ont pour domaine l'eau, l'élément qui éveille la vie, bourgeons et germes sont baignés à l'intérieur d'une force de vie jaillissante, tandis que vu de l'extérieur, ils  commencent tout juste à s'ouvrir pour s'épanouir à l
a lumière.

Au moment de l'équinoxe, le Soleil a surmonté les profondeurs, il s'élève désormais de plus en plus, avec une force irrésistible. De jour en jour, il repousse plus loin les ténèbres. Semblable à un bélier qui à grands coups fait reculer son adversaire en lui imposant sa propre volonté, sa nature lumineuse se manifeste sans pitié. La nature entière suit son exemple : nous assistons partout à un total épanouissement dans la lumière, au triomphe de la vie sur la rigidité de ce qui l'entravait.

Le Soleil poursuit son ascension, à un rythme déjà plus modéré. Sa lumière ne s'unit pas encore à la chaleur extrême, comme elle le fera à l'époque du Lion, mais elle atteint l'apogée de sa force vivifiante. Jamais la vie n'est si exubérante, jamais les forces de croissance ne sont aussi actives. Ce qu'est le taureau parmi les animaux, un être plus que les autres plongés dans les forces de vie jaillissantes et florissantes, traversé de forces de production et de processus métaboliques très actifs, voilà ce qu'est le Soleil de cette époque par rapport aux autres saisons de l'année.

Bien que déjà très haut, il poursuit sa course - ce qui met en valeur toute la beauté de sa nature légère et lumineuse - en décrivant des courbes majestueuses et en caressant la surface de la terre ; c'est à peine s'il plonge
encore dans la profondeur des ténèbres. Tout ce qui est sombre et pesant, il le laisse derrière lui, et pour un peu il s'échapperait dans les hauteurs. Plus que jamais, la surface terrestre est devenue comme un merveilleux miroir pour le Soleil. À aucun autre moment on ne trouve tant d'éclat ni de couleur, une telle éclosion de plantes magnifiques, une telle jubilation chez les oiseaux, une telle richesse de fleurs et de papillons. La nature est emplie de rondes aériennes, comme si Terre et Soleil étaient deux enfants débordant de joie. C'est l'époque des jumeaux, où la grande polarité lumière-pesanteur devient manifestation visible de l'opposition Soleil-Terre, tout comme elle conduisait aux plus véhémentes tensions intérieures à l'époque du centaure. En image, Soleil et Terre sont à présent deux enfants jumeaux. De même qu'on ne pouvait symboliser les gigantesques forces qui au coeur de l'hiver ont inversé le mouvement du Soleil que par l'aptitude du bouquetin à grimper, de même seul un animal aussi solidement attaché à la terre que le crabe peut éveiller en nous la représentation du passage critique vers le solstice d'été. Le Soleil commence dans le signe du Cancer à désavouer à nouveau sa propre nature lumineuse pour se laisser enchaîner par les liens torturants de la pesanteur.»

Frits Julius "Le langage imagé du Zodiaque - Une approche phénoménologique de l'astrologie", Ed. Triades 2007.

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