Les Dises

Publié le par Juliette

Ces créatures féminines sont assurément fort anciennes puisqu'elles se rencontrent dans le domaine védique – c'est le sanskrit dhisanas, avec approximativement la même valeur – et nous les découvrons partout dans le domaine germanique, par exemple, dans le vieux saxon idis, idisi. [...]


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Les Dises sont bien attestées dans la toponymie : […] Disevi (lieu sacré des dises), Diseberg (Mont des dises) (Suède, Östergotland), Dise Offerkälla (Scanie, source sacrificielle aux dises). [...]

 

Les dises (dìsir en vieux norrois, sg. dìs) sont à la fois des puissances protectrices et secourables – et des entités du combat. Elles surgissent surtout dans deux occasions : la naissance d'un enfant (en quoi elles doublent, donc, les Nornes avec lesquelles elles partagent, en outre, une autre ambivalence, elles sont parfois données pour prophétiques …) et la guerre, la lutte. […]

 

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On leur voue un culte bien attesté, ce dìsablòt que j'ai déjà nommé. C'était, semble-t-il, le grand rite que connaissaient les Svìar, les habitants de la partie de la Suède située autour de l'actuelle ville d'Uppsala. Ces cérémonies, qui se situaient à l'équinoxe de printemps (elles ne seront déplacées vers Noël qu'après la christianisation, semble-t-il), comprenaient un sacrifice majeur (blòt), un thing (appelé dìsthing) et une foire (dìsmarknadr) : la tentation est très forte de faire de ces fêtes une manifestation de culte réservé à quelque grande divinité de la fertilité-fécondité – qui pourrait bien être Freyja, appelée, Vanadìs, dise des Vanes. […]

 

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Ce thing se tenait en Gòi (donc entre le 23 février et le 31 mars), il devait y avoir alors, à Uppsalir (soit l'ancien Uppsala, Gamla Uppsala, actuel) un höfudblòt (sacrifice principal). « Ils (les Svìar) devaient y sacrifier pour la paix et la victoire de leur roi (til fridar ok sirs konungi sinum)/.../ Il devait y avoir là le thing de tous les Svìar ». Et d'ajouter que ce thing « légal » se doublait d'une grande foire qui dut avoir un retentissement extrême puisqu'elle se maintint bien au delà de la christianisation. L'Église essaya de substituer à cette manifestation sa fête de la Chandeleur (kyndilsmessa) dont il n'est pas nécessaire, de toute façon, de faire valoir les connotations païennes, même en terres chrétiennes depuis longtemps.

 

Régis Boyer "La Grande Déesse du Nord".

 


Publié dans Mythologie

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