Parents toxiques

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"Les parents dominateurs


L'autorité n'est pas obligatoirement un mal.  Lorsqu'une mère retient son petit enfant d'aller  vagabonder dans la rue, on ne la traite pas de  mère dominatrice, on dit qu'elle est prudente.  Elle exerce un contrôle qui est adapté à la  réalité, justifié par le fait que son enfant a  besoin  d'être guidé et protégé.

Le contrôle approprié devient abusif lorsque la  mère retient son enfant dix ans plus tard, bien  après qu'il est parfaitement capable de  traverser la rue seul.

Les enfants que l'on n'encourage pas à agir, à essayer, à explorer, à maîtriser un comportement et à risquer l'échec se sentent souvent faibles et incapables. Abusivement contrôlés par des parents craintifs et anxieux, ces enfants deviennent souvent eux-mêmes craintifs et anxieux. A cause de cela ils ont des difficultés à mûrir. Au cours de leur adolescence et de l'âge adulte, leur développement, pour beaucoup d'entre eux, ne leur permet jamais de se passer des conseils et du contrôle de leurs parents. Le résultat, c'est que leurs parents continuent à envahir leur vie, à la manipuler et souvent à la dominer.

La crainte de ne plus être nécessaire motive beaucoup de parents dominateurs à perpétuer chez leurs enfants cette impuissance. Ces parents ont une crainte malsaine du "syndrome du nid vide", ce sentiment de perte que ressent inévitablement tout parent lorsque ses enfants quittent la maison. Le parent dominateur a une si grande part de son identité liée à son rôle parental qu'il se sent trahi ou abandonné lorsque l'enfant devient indépendant.

Ce qui rend un parent dominateur si insidieux, c'est que son contrôle s'exerce sous le masque du souci. Des phrases telles que :"Je ne fais cela que pour toi" et "C'est seulement parce que je t'aime tant", signifient toutes la même chose : "Je fais cela parce que j'ai tellement peur de te perdre que je suis prêt à te rendre malheureux".
On peut même arguer : "C'est pour ton bien."

Imaginons une conversation entre un fils - ou une fille - adulte et l'un de ses parents dominateurs qui, si ces deux personnes étaient capables d'exprimer franchement leurs sentiments les plus secrets, se déroulerait ainsi :

L'ENFANT DEVENU ADULTE : Pourquoi agis-tu de cette façon? Pourquoi est-ce que tout ce que je fais est mal? Pourquoi ne peux-tu me traiter en adulte? Qu'est-ce que cela peut bien faire à papa que je ne sois pas docteur? Qu'est-ce que cela peut bien te faire que je me marie avec telle ou telle personne? Quand vas-tu me laisser faire? Pourquoi agis-tu comme si chacune des décisions que je prends seul était comme une agression à ton égard?

LE PARENT DOMINATEUR : Je ne peux pas décrire la douleur que je ressens quand tu t'éloignes de moi. J'ai besoin que tu aies besoin de moi. Je ne peux pas supporter l'idée de te perdre. Tu es toute ma vie. J'ai affreusement peur que tu ne fasses de terribles erreurs. Je serais déchiré de te voir blessé. Je préférerais mourir plutôt que de sentir que j'ai échoué comme mère ou père.

[...]
Le mariage d'un enfant peut être ressenti comme une très grave menace par des parents dominateurs. Ils voient dans le conjoint un rival qui va empêcher leur enfant de se consacrer à eux. Cela provoque des conflits épouvantables entre les parents et le conjoint, conflits qui placent l'enfant au milieu de feux croisés, entre deux sentiments de loyauté qui s'opposent.
Certains parents s'attaquent au couple avec des critiques, des sarcasmes, des prédictions d'échec. D'autres [...] refusent d'accepter la nouvelle venue -
ou le nouveau venu- ou vont même jusqu'à ignorer son existence. D'autres encore persécutent ouvertement le nouveau conjoint. Il n'est pas rare que de tels agissements engendrent des bouleversements tels qu'ils menacent la survie du mariage.

[...]
Quand des parents toxiques nous contrôlent de façon intense, par l'intimidation, la culpabilisation ou la mutilation de nos émotions, nous avons deux réactions possibles : capituler ou nous révolter. Ces réactions bloquent toutes deux la séparation psychologique, quoique la révolte paraissent aboutir au contraire. La vérité c'est que, si notre révolte est une réaction contre nos parents, nous sommes aussi sûrement contrôlés que si nous nous soumettons."

Susan Forward, "Parents toxiques". Titre original : Toxic parents overcoming their hurtful legacy and reclaiming your life, 1989.

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Mathieu 26/06/2009 21:23

C'est révélateur de biens des choses, dans le sens où l'on pourrait faire l'analogie avec bien d'autres (l'état de : l'état, la religion, la philosophie, la science, etc.), et donc de toute une époque, tout un cycle. M'est avis, mais j'avance prudemment étant donné qu'il s'agit de notions nouvelles pour moi, qu'il faudrait se pencher sur le Gestell de Heidegger, traduit en français par arraisonnement ou dispositif. En tout cas la pensée totalitaire a semble-t-elle de beaux jours devant elle. Je me souviens que Rudolf Steiner fait précisément coïncider la "volonté de mécanisation" de l'esprit américain avec son Arhiman.

En tout cas :

« Éduquer, cela ne veut pas dire planter ce qui n'existe pas, mais : favoriser l'épanouissement de ce qui existe ou, au contraire, entraver cet épanouissement. Nous éduquer nous-mêmes, et les générations futures, à la nordicité, cela signifie : éveiller ce qui est nordique, en faire primer le développement et l'aider ainsi à prendre le dessus en nous et dans la future communauté. Éduquer, c'est donner des exemples, pas des leçons.


Être exemple au sens nordique, cela ne signifie pas jouer pour la galerie en attendant les applaudissements (ce serait là au contraire une manière toute méditerranéenne de « donner l'exemple »). Au fond, l'exemple nordique vit en solitaire avec lui-même. Et quand un membre de la communauté ou de l'une de ses générations, sans cesse renouvelées, prend en exemple le solitaire face à lui-même, il le choisit en pleine et entière liberté : aucune contrainte, aucune objurgation ne l'y oblige : l'exemple est là tout simplement, et il est exemple pour la vie. C'est le Vorleben. Un point c'est tout.


Plus un individu, plus une communauté, plus une jeunesse est nordique, plus le résultat de leur éducation sera nordique, et moins cette jeunesse se laissera contraindre ou convaincre de suivre un exemple donné. La jeunesse nordique choisit, mais en toute liberté. Elle veut être conduite, mais à la façon nordique – jusqu'à ce qu'elle soit capable à son tour de se conduire elle-même. Mais « conduire », au sens nordique, cela ne signifie pas : ravir à autrui sa liberté. Conduire de façon nordique, éduquer de façon nordique, c'est aider un jeune à forger en lui-même son modèle intérieur, modèle qui existe déjà en lui. Ce modèle, c'est l'image de sa propre nordicité, et celle qui n'appartient qu'à lui. Vouloir aller plus loin, ce serait transgresser la sphère individuelle de l'homme, et donc « casser » la distance. »


Ludwig Ferdinand Clauss, « L'âme des races », La race falique, p. 116 et 117. (L'Homme Libre, 2001)

Juliette 26/06/2009 19:02

Parents toxiques. Le titre est violent. Il heurte, frappe, secoue. Ce qui ne pousse pas au premier abord à tourner les pages :"Bien sûr que non! Mes parents ne sont pas toxiques! Cela ne me concerne pas! Ils sont plutôt gentils, prévenants, chaleureux...exigeants...autoritaires ...étouffants ...perfectionnistes... casse-pieds en fin de compte!!! Ils me bouffent la vie, oui c'est vrai, ils m'empêchent de respirer! avec leurs exigences, leurs limites, leurs idées reçues, leurs règles de conduite, leurs peurs, leurs inquiétudes, leurs souffrances, leurs croyances... et ils me transmettent tout ça! Allez, débrouille-toi avec ça!... Mais j'en veux pas! Qu'ils les gardent leurs tares! Pourquoi c'est à moi de porter tout ce dont ils n'ont pas réussi à se débarrasser?! Parce qu'on est de la même famille? Non! Qu'ils se débrouillent! Le cordon, je le coupe une bonne fois pour toutes! J'en ai assez avec ma vie, je ne veux pas de la leur!"

Je pense que tout le monde est confronté tôt ou tard aux relations qu'on a ou qu'on a eu avec ses parents. Le tout est d'ouvrir les yeux. Aucun parent n'est parfait. Attention ce n'est pas forcément l'heure de tout se dire les yeux dans les yeux, de se faire les reproches de toute une vie! Mais se libérer de ce poids émotionnel qu'on traîne une fois adulte, ce poids qui quelquefois nous empêche de vivre pleinement notre vie, qui nous empêche d'être nous-mêmes en étant finalement ce que nos parents veulent qu'on soit! C'est un long chemin à parcourir, et on rencontre quelquefois des virages, des impasses, une ligne droite ou un chemin tortueux, une pente raide, un précipice, une montagne... jusqu'à arriver au sommet! C'est ce que je souhaite à tous afin de se libérer, d'avoir une vue de 360° et de pouvoir contempler le monde librement.

«Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux.»